Non au détricotage des Réseaux d’éducation prioritaire

Le Gouvernement annonce pour la rentrée prochaine une expérimentation visant à supprimer la carte des collèges et écoles classés au sein du Réseau d’éducation prioritaire (REP). Cette expérimentation concernera les académies de Lille, Marseille et Nantes. Le Gouvernement affirme que cette expérimentation se fera au profit d’un système global où tous les territoires pourraient bénéficier de l’éducation prioritaire.

Il dit vouloir « sortir du zonage pour donner des moyens aux établissements en fonction de leur projet ». Cette politique reposerait sur des contrats de trois ans passés entre l’école / le collège et le Rectorat avec une clause de revoyure pour les prolonger si besoin.

Alors qu'aujourd'hui les établissements scolaires appartenant au réseau d'éducation prioritaire bénéficient d'une augmentation des moyens financiers, humains, logistiques… l'expérimentation permettra au Rectorat de distribuer des moyens différenciés.

Les élus du groupe Les Républicains sont très préoccupés par cette mesure qui au lieu de concentrer les moyens là où il y en a besoin conduit au contraire à un saupoudrage des moyens.

Plus d’un tiers des petits val-de-marnais sont scolarisés dans un établissement appartenant au réseau d’éducation prioritaire. Combien seront laissés demain sur le bord du chemin si le gouvernement décidait de généraliser son expérimentation ?

Une réforme des quartiers politique de la ville en 2014, menée par le gouvernement de F. Hollande a déjà conduit à ce que 180 000 Val-de-marnais soient abandonnés par les pouvoirs publics, alors qu’ils habitent pourtant dans des quartiers qui nécessitent un vrai engagement de l’État pour garantir plus de mixité sociale.

Un nouvel abandon de nos concitoyens les plus fragiles et en particulier des enfants ne serait pas acceptable, particulièrement au moment où notre pays connaît une crise sanitaire dont les conséquences sociales et économiques sont considérables, notamment dans les quartiers prioritaires. 

Alors qu’à juste titre, le gouvernement avait décidé le dédoublement des classes de CP et CE1 des établissements classés REP, il décide aujourd’hui d'affaiblir la politique d’éducation prioritaire alors même que ces établissements continuent de concentrer de trop nombreuses difficultés.

En effet, selon la dernière enquête PISA – programme international pour le suivi des acquis – la France reste parmi les pays de l’OCDE où les inégalités scolaires demeurent parmi les plus importantes ; ces inégalités reposant majoritairement sur l’origine socio-économique des élèves).

L’avenir de nos enfants et l'équilibre social de demain nécessitent mieux qu’un bricolage opaque qui consiste à déshabiller Pierre, ici les établissements situés dans le réseau d’éducation prioritaire pour habiller Paul, ici les établissements des territoires ruraux, en décrochage économique et les plus excentrés.

Il est parfaitement légitime de penser à un moyen d’aider les établissements des zones rurales qui concentrent également des difficultés. Cependant, les établissements classés en REP répondent à des spécifiés particulières et nécessitent par conséquent une réponse unique.

La politique d’éducation prioritaire n’a certes pas encore permis de résorber toutes les inégalités scolaires qui sévissent sur le territoire. Mais le dédoublement des classes en primaire a tout juste 3 ans. Ne pourrait-on pas se laisser le temps d'évaluer les effets de cette politique avant de la détricoter ?

Il n’y a pas d’antagonisme à maintenir la politique d’éducation prioritaire qui répond à des besoins uniques tout en développant une politique d’aides sur l’ensemble du territoire national pour répondre à différents objectifs de rééquilibrage territorial.

Nous encourageons donc le Gouvernement à s’engager sur cette voie plutôt qu’à détricoter les réseaux d’éducation prioritaire.

 

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